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Revue mensuelle · Août 2026 · N° 62 Chiffres au 28 juillet 2026
Aplomb Le logement, le chantier, la ville

Construction · Logement
Rénovation · Foncier

Permis · 12 mois376 241−8 % / moyenne 5 ansMises en chantier · 12 mois293 412−13,1 %Permis · juin 202630 906−4,8 % sur un moisChantiers · juin 202625 666−0,1 %Objectif gouvernemental400 000hors d'atteinte en 2026Emplois détruits depuis 202265 000filière bâtimentInvestissement résidentiel · S11,2 Md€−42 % sur un anArtificialisation 2024< 16 000 haen recul

Ce numéro / Construction / Le bilan du premier semestre

Construction

376 241 permis en douze mois : la reprise qui n'en est pas une

Entre juillet 2025 et juin 2026, 376 241 logements ont été autorisés et 293 412 mis en chantier. Soit 8 % et 13,1 % de moins que la moyenne des cinq années précédentes. Le mot « reprise » mérite quelques guillemets.

Par Pierre Vasseur18 août 20266 min de lecture
Chantier en cours d'ossature : entre permis délivré et grue installée, l'écart se creuse.
Chantier en cours d'ossature : entre permis délivré et grue installée, l'écart se creuse. — Illustration originale — Aplomb

Le Service des données et études statistiques a publié le 28 juillet son bilan de la construction neuve à fin juin. Sur douze mois glissants, 376 241 logements ont été autorisés à la construction et 293 412 mis en chantier. Ces volumes restent inférieurs de 8 % et de 13,1 % aux moyennes des cinq dernières années.

Le yo-yo mensuel

La série mensuelle est devenue illisible. En juin, 30 906 logements autorisés, soit un recul de 4,8 % sur un mois. Ce repli suit un rebond de 17 % en mai, lui-même précédé d'une chute de 29,5 % en avril et d'un bond de 30 % en mars. Quatre mois, quatre mouvements de sens contraire, sur un indicateur censé décrire un cycle long.

Ces amplitudes ne décrivent pas le marché : elles décrivent les délais d'instruction et les effets de calendrier des grosses opérations collectives. Un seul programme de plusieurs centaines de logements déposé un mois plutôt qu'un autre déplace la statistique nationale.

Le rythme moyen du premier semestre 2026 dépasse de 21,8 % celui constaté en 2025.
Lecture positive des mêmes données

Deux lectures, deux vérités

La lecture optimiste est défendable : le semestre est mieux orienté que 2025, et les autorisations dépassent en moyenne de 4,3 % les niveaux de l'an dernier. La lecture pessimiste l'est tout autant : on compare à une année qui fut la pire depuis deux décennies, et le niveau reste 8 % sous la moyenne quinquennale — laquelle intègre déjà des années de crise.

Relevé de juin 2026

  • 30 906 logements autorisés, −4,8 % sur un mois.
  • 19 141 autorisations en collectif, −3,9 %.
  • 11 765 autorisations en individuel, −6,1 %.
  • 25 666 logements mis en chantier, −0,1 %.

L'écart qui compte

Le chiffre le plus parlant n'est ni les permis ni les chantiers : c'est l'écart entre les deux. Quelque 376 000 autorisations pour 293 000 chantiers ouverts signifie qu'une part importante des programmes autorisés ne démarre pas. Un permis n'est pas un logement : c'est une option que le promoteur lève seulement si la commercialisation suit et si le financement tient.

C'est là que se joue la vraie question de la rentrée : non pas combien de permis seront délivrés, mais combien de programmes autorisés en 2025 sortiront de terre avant leur péremption.

Pierre Vasseur

Construction — écrire à la rédaction

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