376 241 permis en douze mois : la reprise qui n'en est pas une
Entre juillet 2025 et juin 2026, 376 241 logements ont été autorisés et 293 412 mis en chantier. Soit 8 % et 13,1 % de moins que la moyenne des cinq années précédentes. Le mot « reprise » mérite quelques guillemets.
Le Service des données et études statistiques a publié le 28 juillet son bilan de la construction neuve à fin juin. Sur douze mois glissants, 376 241 logements ont été autorisés à la construction et 293 412 mis en chantier. Ces volumes restent inférieurs de 8 % et de 13,1 % aux moyennes des cinq dernières années.
Le yo-yo mensuel
La série mensuelle est devenue illisible. En juin, 30 906 logements autorisés, soit un recul de 4,8 % sur un mois. Ce repli suit un rebond de 17 % en mai, lui-même précédé d'une chute de 29,5 % en avril et d'un bond de 30 % en mars. Quatre mois, quatre mouvements de sens contraire, sur un indicateur censé décrire un cycle long.
Ces amplitudes ne décrivent pas le marché : elles décrivent les délais d'instruction et les effets de calendrier des grosses opérations collectives. Un seul programme de plusieurs centaines de logements déposé un mois plutôt qu'un autre déplace la statistique nationale.
Le rythme moyen du premier semestre 2026 dépasse de 21,8 % celui constaté en 2025.
Deux lectures, deux vérités
La lecture optimiste est défendable : le semestre est mieux orienté que 2025, et les autorisations dépassent en moyenne de 4,3 % les niveaux de l'an dernier. La lecture pessimiste l'est tout autant : on compare à une année qui fut la pire depuis deux décennies, et le niveau reste 8 % sous la moyenne quinquennale — laquelle intègre déjà des années de crise.
Relevé de juin 2026
- 30 906 logements autorisés, −4,8 % sur un mois.
- 19 141 autorisations en collectif, −3,9 %.
- 11 765 autorisations en individuel, −6,1 %.
- 25 666 logements mis en chantier, −0,1 %.
L'écart qui compte
Le chiffre le plus parlant n'est ni les permis ni les chantiers : c'est l'écart entre les deux. Quelque 376 000 autorisations pour 293 000 chantiers ouverts signifie qu'une part importante des programmes autorisés ne démarre pas. Un permis n'est pas un logement : c'est une option que le promoteur lève seulement si la commercialisation suit et si le financement tient.
C'est là que se joue la vraie question de la rentrée : non pas combien de permis seront délivrés, mais combien de programmes autorisés en 2025 sortiront de terre avant leur péremption.
Construction — écrire à la rédaction