65 000 emplois détruits depuis 2022, et une compétence qui ne revient pas
La filière construction a perdu 65 000 emplois depuis 2022. Le chiffre circule dans les communiqués professionnels ; ce qu'il implique circule moins : une capacité de production qui ne se reconstitue pas en un exercice.
Le chiffre revient dans chaque communiqué de la filière : 65 000 emplois détruits dans le bâtiment depuis 2022. Il est cité comme un argument de conjoncture. C'est en réalité un indicateur structurel, et il pèse sur toute perspective de relance.
Pourquoi l'emploi ne suit pas la commande
Une entreprise de gros œuvre qui perd son carnet licencie ou ne remplace pas les départs. Les compagnons partent vers l'intérim, la maintenance, parfois l'industrie. Quand la commande revient, l'entreprise ne récupère pas ses équipes : elle recrute sur un marché où les mêmes profils sont recherchés par tout le monde en même temps.
Le logement et l'emploi des Français ne sauraient être les otages permanents des tractations politiciennes.
L'effet sur les prix
La conséquence est mécanique et rarement anticipée : une reprise rapide sur un appareil de production réduit se traduit d'abord par une hausse des prix, pas par une hausse des volumes. Les entreprises sélectionnent les chantiers, allongent les délais, et ne prennent que les opérations les mieux financées.
Les métiers les plus exposés
- Gros œuvre — coffreurs, maçons, grutiers : les premiers ajustés en repli d'activité.
- Encadrement de chantier — conducteurs de travaux, dont la formation prend des années.
- Second œuvre — plus résilient grâce à la rénovation, mais sensible aux à-coups des aides.
- Promotion — équipes de montage réduites, ce qui limite le nombre de programmes déposés.
Ce qu'il faut regarder à la rentrée
Les entrées en apprentissage du bâtiment en septembre, et le nombre d'heures d'intérim dans le secteur. Ces deux séries anticipent l'activité de six à neuf mois, bien mieux que les permis de construire, qui ne disent rien du moment où les grues arriveront.
Construction — écrire à la rédaction