Moins de 16 000 hectares consommés : l'artificialisation ralentit vraiment
La consommation d'espaces naturels, agricoles et forestiers est passée sous la barre des 16 000 hectares en 2024, selon le Cerema. Un net recul — dont une partie tient à la crise de la construction plutôt qu'à la sobriété foncière.
La consommation d'espaces naturels, agricoles et forestiers a enregistré un net recul en 2024, passant sous la barre des 16 000 hectares, selon les données du Cerema. Rapportée aux volumes des années 2010, la baisse est considérable.
Deux causes, très inégalement citées
La première est réglementaire : la trajectoire de sobriété foncière contraint les documents d'urbanisme, et les collectivités ont revu leurs zones à urbaniser. La seconde est conjoncturelle : on artificialise moins quand on construit moins. Avec 293 000 mises en chantier contre 400 000 visées, une partie du gain vient mécaniquement de la crise.
Une baisse obtenue par la panne du marché ne tient pas quand le marché repart.
Ce que mesure exactement l'indicateur
Il s'agit des surfaces qui changent d'usage au profit de l'habitat, de l'activité, des infrastructures. Deux nuances comptent. Le chiffre inclut les surfaces consommées pour des équipements publics et des voiries, souvent oubliées du débat centré sur le pavillon. Et il ne dit rien de la qualité écologique des sols concernés : un hectare de terre agricole irriguée et un hectare de friche n'ont pas la même valeur.
Où se joue la suite
- Documents d'urbanisme — la révision des plans locaux traduit la trajectoire en règles opposables.
- Friches — leur recyclage coûte plus cher que l'extension, d'où la nécessité d'un soutien.
- Densification — techniquement possible, politiquement difficile à l'échelle communale.
- Répartition entre communes — la question la plus conflictuelle des schémas régionaux.
Le vrai test
Il viendra avec la reprise. Si la construction remonte vers 350 000 logements par an sans que la consommation d'espaces reparte à la hausse, alors la sobriété foncière aura produit un effet propre. Sinon, le recul de 2024 n'aura été qu'un symptôme de la crise, enregistré comme un succès.
Foncier et urbanisme — écrire à la rédaction