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Revue mensuelle · Août 2026 · N° 62 Chiffres au 28 juillet 2026
Aplomb Le logement, le chantier, la ville

Construction · Logement
Rénovation · Foncier

Permis · 12 mois376 241−8 % / moyenne 5 ansMises en chantier · 12 mois293 412−13,1 %Permis · juin 202630 906−4,8 % sur un moisChantiers · juin 202625 666−0,1 %Objectif gouvernemental400 000hors d'atteinte en 2026Emplois détruits depuis 202265 000filière bâtimentInvestissement résidentiel · S11,2 Md€−42 % sur un anArtificialisation 2024< 16 000 haen recul

Ce numéro / Foncier / La consommation d'espaces

Foncier

Moins de 16 000 hectares consommés : l'artificialisation ralentit vraiment

La consommation d'espaces naturels, agricoles et forestiers est passée sous la barre des 16 000 hectares en 2024, selon le Cerema. Un net recul — dont une partie tient à la crise de la construction plutôt qu'à la sobriété foncière.

Par Claire Monfort10 août 20266 min de lecture
Limite entre terres cultivées et extension pavillonnaire.
Limite entre terres cultivées et extension pavillonnaire. — Illustration originale — Aplomb

La consommation d'espaces naturels, agricoles et forestiers a enregistré un net recul en 2024, passant sous la barre des 16 000 hectares, selon les données du Cerema. Rapportée aux volumes des années 2010, la baisse est considérable.

Deux causes, très inégalement citées

La première est réglementaire : la trajectoire de sobriété foncière contraint les documents d'urbanisme, et les collectivités ont revu leurs zones à urbaniser. La seconde est conjoncturelle : on artificialise moins quand on construit moins. Avec 293 000 mises en chantier contre 400 000 visées, une partie du gain vient mécaniquement de la crise.

Une baisse obtenue par la panne du marché ne tient pas quand le marché repart.
Réserve méthodologique partagée par les observateurs du foncier

Ce que mesure exactement l'indicateur

Il s'agit des surfaces qui changent d'usage au profit de l'habitat, de l'activité, des infrastructures. Deux nuances comptent. Le chiffre inclut les surfaces consommées pour des équipements publics et des voiries, souvent oubliées du débat centré sur le pavillon. Et il ne dit rien de la qualité écologique des sols concernés : un hectare de terre agricole irriguée et un hectare de friche n'ont pas la même valeur.

Où se joue la suite

  • Documents d'urbanisme — la révision des plans locaux traduit la trajectoire en règles opposables.
  • Friches — leur recyclage coûte plus cher que l'extension, d'où la nécessité d'un soutien.
  • Densification — techniquement possible, politiquement difficile à l'échelle communale.
  • Répartition entre communes — la question la plus conflictuelle des schémas régionaux.

Le vrai test

Il viendra avec la reprise. Si la construction remonte vers 350 000 logements par an sans que la consommation d'espaces reparte à la hausse, alors la sobriété foncière aura produit un effet propre. Sinon, le recul de 2024 n'aura été qu'un symptôme de la crise, enregistré comme un succès.

Claire Monfort

Foncier et urbanisme — écrire à la rédaction

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