Logement social outre-mer : la ligne budgétaire tombe à 127 millions
Les montants envisagés pour 2026 tombent à 127 millions d'euros, contre plus de 200 habituellement. L'Union sociale pour l'habitat alerte sur l'abandon d'opérations prêtes à être engagées.
Le mouvement HLM a alerté sur une baisse « sans précédent » des crédits du logement social en outre-mer pour 2026. Alors que la ligne budgétaire unique dépasse habituellement 200 millions d'euros en autorisations d'engagement, les montants envisagés seraient ramenés à 127 millions.
Un financement d'un type particulier
La ligne budgétaire unique est une spécificité ultramarine : elle permet un financement direct par l'exécutif, là où les subventions aux organismes HLM métropolitains passent par le Fonds national d'aide à la pierre. Cette centralisation rend l'enveloppe très sensible aux arbitrages budgétaires annuels.
La répartition envisagée
- Mayotte — 46 millions d'euros.
- La Réunion — 27 millions d'euros.
- Guyane — 24 millions d'euros.
- Guadeloupe et Martinique — 15 millions d'euros chacune.
Ce que la baisse produit concrètement
Selon l'USH, la diminution — qui intervient après un recul d'environ 20 % des autorisations d'engagement sur les deux dernières lois de finances — entraînera l'abandon ou le report d'opérations, y compris de projets prêts à être engagés, en construction comme en réhabilitation.
Le logement ne peut pas être la variable d'ajustement.
Pourquoi ces territoires encaissent mal
Trois raisons structurelles. Le coût de construction y est supérieur du fait du transport des matériaux. La part des ménages éligibles au logement social y est nettement plus élevée qu'en métropole. Et les délais d'attente y sont déjà les plus longs du pays.
Un report d'opération n'a donc pas le même effet à Mayotte qu'en Île-de-France : il s'ajoute à un déficit qui se mesure en dizaines de milliers de logements et en habitat informel, catégorie que les statistiques nationales peinent à saisir.
Habitat social — écrire à la rédaction