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Revue mensuelle · Août 2026 · N° 62 Chiffres au 28 juillet 2026
Aplomb Le logement, le chantier, la ville

Construction · Logement
Rénovation · Foncier

Permis · 12 mois376 241−8 % / moyenne 5 ansMises en chantier · 12 mois293 412−13,1 %Permis · juin 202630 906−4,8 % sur un moisChantiers · juin 202625 666−0,1 %Objectif gouvernemental400 000hors d'atteinte en 2026Emplois détruits depuis 202265 000filière bâtimentInvestissement résidentiel · S11,2 Md€−42 % sur un anArtificialisation 2024< 16 000 haen recul

Ce numéro / Rénovation / Le calendrier des passoires

Rénovation

Passoires thermiques : le Sénat rouvre le calendrier d'interdiction

Les sénateurs se sont concentrés sur l'article relatif à la mise en location des logements les plus énergivores. Derrière la technique juridique, une question simple : que faire des logements que personne ne peut rénover.

Par Julien Sarrail11 août 20266 min de lecture
Déperdition par la toiture d'un immeuble ancien, principal poste de perte en copropriété.
Déperdition par la toiture d'un immeuble ancien, principal poste de perte en copropriété. — Illustration originale — Aplomb

Au chapitre du logement, les sénateurs se sont concentrés sur l'article relatif à la mise en location des passoires thermiques. Le calendrier d'interdiction progressive, adopté il y a plusieurs années, se heurte à sa mise en œuvre : des logements sortent du marché locatif sans avoir été rénovés.

Le mécanisme et son point de blocage

Le principe est clair : au-delà d'un certain niveau de consommation mesuré par le diagnostic de performance énergétique, un logement ne peut plus être proposé à la location. L'objectif est d'obliger à la rénovation. Le résultat observé est plus contrasté : une partie des propriétaires rénove, une autre vend, une troisième laisse le bien vacant.

Un propriétaire seul décide de rénover. Un copropriétaire doit convaincre l'assemblée générale.
La limite structurelle du dispositif

Le cas des copropriétés

C'est le nœud du dossier. Dans un immeuble ancien, l'essentiel des déperditions vient des parties communes : murs, toiture, menuiseries parfois. Un propriétaire bailleur ne peut pas les traiter seul. Il dépend d'un vote en assemblée générale, où les occupants âgés ou modestes s'opposent souvent à un appel de fonds important — pour des raisons parfaitement compréhensibles.

Les leviers discutés

  • Étalement du calendrier pour les logements en copropriété engagée dans un projet de travaux.
  • Plan pluriannuel de travaux, déjà obligatoire, mais inégalement appliqué.
  • Financement collectif via l'éco-prêt copropriété, peu utilisé faute de portage.
  • Fiabilisation du DPE, dont les écarts entre diagnostiqueurs restent documentés.

La question qu'on évite

Que faire des logements dont la rénovation coûte plus que la valeur du bien ? Ils existent, surtout dans les territoires détendus, et aucune aide ne referme cet écart. Les sortir du marché locatif revient à retirer une offre là où elle est déjà rare, sans qu'un remplacement soit construit.

Le débat sénatorial n'a pas tranché ce point. Il n'a pas non plus prétendu le faire, ce qui est déjà une forme d'honnêteté.

Julien Sarrail

Rénovation — écrire à la rédaction

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